Jean-Luc Mélenchon
Le programme L’Avenir en commun compte 1 069 mesures, élaborées notamment à partir de plus de 24 000 contributions citoyennes. Ses axes affichés sont la hausse des salaires et le blocage des prix, la retraite à 60 ans, la planification écologique et le passage à une 6e République.
Pouvoir d’achat
Blocage des prix associé à une hausse des salaires, présenté comme l’un des axes de la campagne.
Le salaire minimum serait relevé à 1 700 € net par mois. Une conférence salariale serait organisée et les salaires seraient indexés sur les prix.
Le prix du carburant serait plafonné par décret à 1,70 € le litre.
Les pensions, les allocations familiales et les aides au logement seraient indexées sur l'inflation et augmentées de 10 %.
Une garantie d'autonomie porterait le revenu des jeunes au-dessus du seuil de pauvreté, fixé à 1 337 € par mois.
Le point d'indice qui sert de base au traitement des agents publics serait augmenté de 10 %.
400 000 logements abordables seraient produits chaque année pendant cinq ans, dont 200 000 logements publics. Le plan prévoit aussi la réquisition et la taxation des logements vacants.
Économie & emploi
Un impôt sur la fortune renforcé serait rétabli.
Un impôt minimal frapperait les patrimoines personnels supérieurs à 100 millions d'euros.
Le prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital serait supprimé.
Les droits de succession seraient réformés.
Les multinationales seraient imposées selon l'activité qu'elles réalisent en France. La taxe sur les géants du numérique serait aussi renforcée.
La Caisse des dépôts, Bpifrance et La Banque postale seraient regroupées dans un pôle public bancaire. Le plafond du Livret A passerait de 22 950 € à 30 000 € et un « Livret B » serait créé.
Les réformes récentes de l'assurance chômage seraient annulées.
Santé
Le budget des hôpitaux augmenterait de 3 Md€, avec la création d'au moins 10 000 postes d'infirmiers.
Des urgences, des maternités et des Ehpad publics seraient rouverts pour que chaque habitant ait des soins publics à moins de trente minutes.
Une zone de protection contre les pesticides et les polluants serait créée autour des habitations, des crèches, des écoles et des hôpitaux.
Un plan sur plusieurs années recruterait des personnels soignants et médico-sociaux et augmenterait leur rémunération.
Éducation
La restauration scolaire deviendrait gratuite.
10 000 postes d'enseignants seraient ouverts.
250 000 places seraient créées dans l'enseignement supérieur.
Un service public de la petite enfance serait créé et ouvrirait 500 000 places d'accueil en cinq ans.
L'instruction deviendrait obligatoire jusqu'à 18 ans. Les effectifs par classe seraient ramenés sous la moyenne européenne de 19 élèves.
Les études supérieures seraient gratuites, de la licence au doctorat.
Sécurité & justice
Ces armes seraient interdites aux forces de l'ordre, ainsi que les techniques d'immobilisation ventrale et d'étranglement.
La formation initiale des policiers durerait deux ans.
Le contrôle de la police et de la gendarmerie serait confié à une autorité indépendante. Elle réunirait magistrats, universitaires et citoyens et serait rattachée au Défenseur des droits.
Des magistrats et des greffiers supplémentaires seraient recrutés et l'aide juridictionnelle augmentée. Les jurys populaires et les tribunaux de proximité seraient rétablis.
Les moyens de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles atteindraient 3 Md€. 2 Md€ seraient consacrés aux violences faites aux enfants.
Immigration
Les travailleurs sans papiers et les parents d'enfants scolarisés seraient régularisés.
Le titre de séjour de dix ans deviendrait le titre de séjour de référence.
Les lois les plus récentes sur l'asile et l'immigration seraient abrogées. L'accès aux visas serait facilité.
Un jeune étranger isolé serait présumé mineur tant que le contraire n'est pas établi.
Écologie & énergie
Transition écologique organisée par une planification de l’État, avec des plans d’investissement par secteur stratégique.
Au moins 700 000 logements seraient rénovés chaque année pour supprimer les passoires thermiques (étiquettes F et G) en un mandat.
400 000 chaudières au fioul et 350 000 chaudières au gaz seraient remplacées chaque année. Le fioul disparaîtrait presque totalement d'ici 2032.
La SNCF serait renationalisée et la mise en concurrence des lignes arrêtée. Des lignes du quotidien seraient rouvertes.
Europe & international
La France refuserait les accords de libre-échange et mettrait en place un protectionnisme écologique.
La France s'affranchirait des règles de l'UE qui empêchent d'appliquer le programme.
La dette publique détenue par la BCE serait gelée ou annulée, ou convertie en dette perpétuelle à taux zéro.
Institutions
Un référendum (article 11) convoquerait une assemblée constituante chargée d'écrire une nouvelle Constitution, qui serait ensuite soumise à référendum.
Les députés seraient élus à la proportionnelle. Les procédures de « vote forcé » comme le 49.3 seraient supprimées.
Les citoyens pourraient révoquer des élus, proposer ou abroger une loi et modifier la Constitution.
Le droit de vote serait ouvert dès 16 ans et le vote deviendrait obligatoire. Les dons aux partis seraient plafonnés à 200 € par personne.
Les parrainages de citoyens remplaceraient les 500 signatures d'élus exigées des candidats à la présidentielle.
Retraites
La réforme de 2023, qui a repoussé l'âge légal à 64 ans, serait abrogée.
À plus long terme, le départ à la retraite serait possible à 60 ans avec 40 années de cotisation.
Une carrière complète ouvrirait droit à une pension au moins égale au SMIC.